Pourquoi porter un casque de ski ? Les réponses des pros !

(2)
Déposer un commentaire

Sophie Claude est médecin, Aurélien Laurent est pisteur-secouriste, tous deux dans la station de ski de La Clusaz, en Haute-Savoie. Les accidents de sports d'hiver, c'est leur métier. Du choc léger à la tête au traumatisme crânien grave, ils savent combien il est important de porter un casque lorsqu'on part sur les pistes.  En ski, en snowboard ou en luge, les collisions peuvent se produire n'importe où et avec n'importe qui, ou quoi ! Ils nous expliquent, en parlant de leur métier, pourquoi il est si important de porter un casque sur les pistes de ski.

 


Aurélien Laurent – pisteur-secouriste à la clusaz

 

 

pourquoi il faut porter un casque de ski, interview pisteur

 

Bonjour, peux-tu te présenter ?

Aurélien, je suis un passionné de ski et j'en ai fait mon métier l'hiver. Cela fait plus de 30 ans que je pratique le ski sous toutes ses formes : ski de piste, Freeride, ski en forêt, derby… Et je suis pisteur-secouriste à La Clusaz depuis 8 ans.

 

Parle-nous un peu de ton métier, en quoi cela consiste d'être pisteur-secouriste ?

Dans mon métier je suis tous les jours sur les skis. En tant que pisteurs, nous nous occupons de l'accueil et de la sécurité sur les pistes : prévention, balisage de passages dangereux, déclenchement préventif d'avalanches, fermetures de pistes ; et aussi, bien évidemment, du secours des blessés sur les pistes.

 

A quoi cela sert-il d'avoir un casque sur les pistes, en ski, comme en snowboard ou en luge ?

Le casque sert bien évidemment à protéger sa tête contre les chocs. Aujourd'hui, les pistes sont très bien préparées, ce qui incite à aller plus vite. Mais si les gens vont plus vite, ils n'ont pas forcément pour autant un meilleur niveau de ski. Avec une vitesse plus élevée et un manque de maîtrise, on a plus de chutes et de collisions entre usagers, et les chocs sont aussi plus forts. Porter un casque, c'est se protéger contre les conséquences  les plus graves de ces accidents. Pareil en dehors du domaine sécurisé, en raison des rochers qu'on ne voit sous la neige fraîchement tombée… On voit pas mal d'accidents liés au développement du Freeride ( ski hors-piste).

 

On oublie aussi que le casque de ski c'est bien mieux qu'un bonnet pour garder la tête bien au chaud… quant au style, il y en a vraiment pour tous les goûts !

 

Tu es pisteur : dans ton métier tu vois les conséquences du fait de porter ou non un casque au ski – quelles peuvent-elles être ?

La plus grave conséquence est le traumatisme crânien avec perte de connaissance. On en voit assez régulièrement. Heureusement, les enfants portent presque tous un casque. De plus le casque est obligatoire en cours de ski. Mais en ce qui concerne les parents, il y a encore du chemin à faire. Pourtant on sait bien qu'en cas de chute, c'est souvent la tête qui tape en premier.

 

l'importance de porter un casque de ski

 

Une expérience en particulier à nous raconter pour illustrer le propos ?

Oui, un bon skieur, tombé assez vite sur une piste bleue à cause d'un problème technique : il avait arraché sa fixation. Il est venu nous voir une première fois pour sa fixation. Puis sa copine est revenue nous voir quelques heures plus tard car elle ne le reconnaissait pas. En fait, il avait un gros traumatisme crânien. Sur le coup, il a cru que ça allait bien mais il s'est enfoncé tout doucement. Heureusement que son amie est venue nous voir car ça aurait pu être très grave. Il s'en est finalement remis, mais il est resté plus d'une semaine à l'hôpital.

 

Portes-tu toi-même un casque ? Pour quelles raisons ?

Depuis que je skie, plus de 30 ans en gros, je porte un casque au ski. D'abord parce que dans ma pratique du ski, une faute peut vite arriver : en forêt, en Freeride, une branche ou un rocher caché ne sont jamais bien loin ! Et puis au boulot, on est amenés parfois à skier très vite pour aller sur un secours. Pour moi, c'est autant pour la prévention, pour montrer l'exemple, que pour ma propre sécurité.

 

Un dernier mot pour finir ?

Oui, je dirai qu'il faut être vigilants à l'environnement dans lequel vous évoluez, respecter les règles : météo, état de la neige, matériel adéquat et bien préparé, faire attention aux autres sur les pistes, ou en dehors… En bref, faites en sorte d'évoluer en sécurité où que vous soyez. Et aujourd'hui les marques rivalisent de créativité pour faire de beaux casques, adaptés à toutes les morphologies, alors n'y a que des mauvaises raisons pour ne pas porter un casque.

 


Sophie Claude – médecin généraliste à la Clusaz

 

pourquoi il faut porter un casque de ski, interview médecin de montagne

 

 

Bonjour, peux-tu te présenter ?

Sophie Claude, 38 ans, médecin généraliste et adhérente à l'association médecin de montagne (www.mdem.org) depuis plus de 10 ans, installée en station de ski à La Clusaz (Haute-Savoie).

 

Parle-nous un peu de ton métier, en quoi cela consiste d'être médecin de montagne ?

En tant que médecin de montagne, on fait autant de la médecine un peu classique que de la traumatologie (radiologies, gestes de réduction, plâtres...) ou des consultations spécifiques (engelures, malaises, vertiges…). Exercer en montagne, c'est comme exercer dans un "mini hôpital", c'est extrêmement gratifiant. Notre intervention permet souvent d'éviter une hospitalisation, notamment pour 94% des blessés sur la saison 2014-2015*.

 

A quoi cela sert-il d'avoir un casque sur les pistes en ski, comme en snowboard ou en luge ?

A protéger des collisions surtout : collisions avec le sol mais surtout collisions entre usagers. Si on reprend les chiffres de l'association des médecins de montagne, qui a créé un réseau de surveillance des accidents en station de ski, les collisions entre usagers représentent 11% des accidents sur les pistes. Et près de 35% des blessures à la tête, dont les traumatismes crâniens, résultent de ces collisions entre usagers*. Or il est prouvé que porter un casque permet de réduire la gravité des lésions liées aux chocs à la tête, et notamment aux traumatismes crâniens. Il n'y a donc pas d'hésitation à avoir !

 

Tu es médecin de montagne : dans ton métier tu vois les conséquences du fait de porter ou non un casque au ski – quelles peuvent-elles être ?

Un choc à la tête peut avoir pour conséquence un traumatisme crânien. Les déficits ou séquelles pouvant résulter d'un traumatisme crânien sont extrêmement divers selon le type de choc. Si 90 % des victimes récupèrent dans les 6 mois d'un traumatisme crânien léger, celui-ci peut s'avérer plus important, entraîner un coma et laisser des séquelles comme une paralysie, des difficultés d'équilibre, des troubles de la mémoire, etc…  Aujourd'hui, 3% des lésions observées suite à un accident sur les pistes sont des traumatismes crâniens*.

 

pourquoi porter un casque de ski interview pisteur et médecin

 

Une expérience en particulier à nous raconter pour illustrer le propos ?

Je me souviens de ce patient de 82 ans qui skiait seul et sans casque, car il ne tombait jamais… Oui mais voilà, il a été percuté par un autre skieur. Il s'en est bien sorti mais a tout de même nécessité 48h de surveillance à l'hôpital, laissant seule sa femme qui ne conduit pas…

 

Portes-tu toi-même un casque quand tu skies ? Pour quelles raisons ?

Oui, je porte un casque, pour ma sécurité, et surtout pour donner l'exemple à mes propres enfants, mais aussi à tous les adultes qui n'en portent pas…

 

Un dernier mot pour finir ?

Si nous constatons chaque année une progression du port du casque, avec 98% des enfants équipés, 89% chez les adolescents, il reste un effort à fournir chez les adultes, ainsi que chez les professionnels du ski (pisteurs, moniteurs,…), encore trop rares à en porter selon moi…

Pour moi ce n'est pas une question de niveau sur les skis, on peut être un excellent skieur, ne jamais tomber, et se faire percuter par un autre usager qui ne maitrise pas sa vitesse et les règles sur pistes… Personne n'est invincible, prenez soin de vous en portant un casque.

 

skieurs et snowboardeurs, il faut porter un casque de ski

 


* source : site de l'association des médecins de montagne – accidentologie des sports d'hiver – les chiffres - http://www.mdem.org/france/DT1190189670/page/Les-chiffres.html

 

Emily
Rédactrice, blogueuse et passionnée de ski
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Noter
Déposer un commentaire
Conseils de Wed'ze
comment choisir son casque de ski wed'ze

Le choix d’un casque de ski se fait en fonction de 4 critères : la taille, la ventilation, la légèreté et la visière.

(20) 7
HAUT DE PAGE